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dimanche 8 janvier 2017

Moi & mon poids


C'est un sujet qui me tient à coeur : l'acceptation de son corps. Je ne dis pas l'acceptation de soi parce que de mon point de vue : soi est un tout (le corps et l'âme).

Ado et même jeune adulte, j'étais super méga hyper complexée.

 (rien que ça, oui)


Sur cette photo de 1999, j'ai 22 ans et je me trouve grosse. Aujourd'hui quand je regarde cette photo, je vois une jeune femme souriante et loin d'être grosse. On revenait d'une fête on avait raté la sortie pour rentrer à la maison. On s'est arrêté en bord de mer. Quitte à faire plus de route, autant en profiter !

Je crois bien que la seule partie de mon corps que j'aimais bien, c'était mes pieds. Bref pas grand chose quoi. il faut dire que mes parents/grands parents/famille en général ne m'ont jamais dit que j'étais jolie/belle/mignonne.
Non, pour eux, j'étais GROSSE. (1m68 et 62 kg à l'adolescence/jeune adulte... avais-je réellement mérité ce titre?)
Enfin bon, vous vous doutez les dégâts que cela peut engendrer sur le long terme quand depuis pré-ado, on s'entend dire :
"c'est dommage, elle est grosse, elle était pourtant mignonne quand elle était petite".
Voilà voilà. la messe est dite.

Me regarder nue dans un miroir était un moment difficile voire douloureux. Comme l'impression de me regarder dans un miroir déformant...
Toujours des complexes...
Beaucoup.
Trop.

Les années suivantes mal dans ma peau j'ai pas mal grossi jusqu'à atteindre 73 kg, 2 ans plus tard, en 2001 et à m'habiller en 46. Je n'ai pas de photos de cette époque. Quelques kg délestés plus tard, j'ai tourné autour de 69 kg. Toujours aussi mal à l'aise, persuadée d'être obèse. Je me suis toujours considérée comme la copine moche. Alors j'essayais d'être drôle pour compenser. 

2003, un job qui ne me plait pas, des choix que je n'ose pas assumer et surement une remarque de trop ont fait que j'ai arrêté de manger. C'était pratique avec la canicule de cette année là, boire beaucoup d'eau était une bonne excuse. Je me suis nourrit exclusivement de jambon de dinde et de compote pendant des mois. Très vite j'ai maigri pour atteindre 54 kg. Mais la douleur était toujours là et monter sur la balance restait un calvaire.

Même si les tailles de vêtements avaient considérablement diminuées pour atteindre le 36, dans la glace, je voyais toujours cette jeune femme bien trop grosse.


Début 2004, je changeais de job mais j'étais toujours aussi malheureuse. Les restos tous les midis m'ont fait prendre 12 kg en 1 an. 

Durant les années suivantes j'ai encore stagné à 69 kg "Mon poids forme", je me disais. J'avais des bourrelets et de la cellulite. Du ventre et des grosses cuisses. Et toujours cette image tellement négative de moi. Je rejetais mes échecs et mes mauvais choix sur le fait que j'étais grosse. Alors je mangeais pour me réconforter. Je me mettais au régime et puis je recommençais. Je crois bien que j'ai du tester tous les régimes "équilibrés" qui existent. Dans mon dénigrement j'avais au moins le fait que je ne voulais plus faire n'importe quoi niveau alimentation et je pensais déjà "alimentation saine".

Quelques déménagements et changements de jobs plus tard, 2010 est vite arrivé et j'ai du subir l'ablation de la vésicule biliaire. Bim 1 mois de convalescence et 10 kg qui s'envolent ! Depuis des années, je passais sous la barre des 60 kg. Je ne pouvais plus manger ce que je voulais. J'ai donc du surveiller de près mon alimentation, éviter les graisses, le sucre et l'alcool. J'ai malgré moi adopté un mode de vie sain. Une alimentation à base de produits frais. Rien de manufacturé. J'ai ainsi maintenu ce poids depuis et conservé des habitudes saines.

Le temps a passé et petit à petit (peut-être avec l'expérience de la vie), je me suis rendue compte qu'au fond c'était moi-même qui avait décidé que j'avais ce corps honteux. Et que je me cachais derrière ces pseudos défauts pour justement éviter d'être moi-même. Je m'étais moi-même persuadée que mes seins pas assez hauts, que mes cuisses pas assez musclées ou encore que ces petites vergetures sur mes hanches ne faisaient pas de mon corps, un corps harmonieux. Je m'étais moi-même convaincue que le regard des autres sur moi était plus important et conditionnait l'image que j'avais de moi.

J'avais tort. Avec tous ces complexes que je me trimbalais, c'est moi qui leur envoyais l'image déformée de mon corps. Je leur balançais mon mal-être en pensant que personne ne verrait jamais rien d'autre que toute cette graisse qui m'entourait.

L'autre soir à la télé j'ai entendu une nana dire cette phrase très juste : 
"Le complexe du maillot, l'épreuve même pour certaine, cela se passe dans la tête parce qu'au fond personne ne regarde vraiment. Chacun étant trop centré sur son propre nombril."
Et je crois bien qu'elle a raison.

Oui, à la plage, on ôte les vêtements et on se retrouve dans son bikini coloré face à la mer (et face à soi-même) Alors Oui, surement que l'on se compare quelques secondes à cette fille trop-bien-foutue. Mais qu'est ce qui nous dit qu'elle ne jalouse pas certaines parties de notre corps ?


On se pense tout le temps observé, jaugé, jugé.


C'est comme quand on sort de chez le coiffeur on est persuadé que tous les gens que l'on croise savent. Et nous regardent. Et jugent. Et pourtant dans la réalité tout le monde s'en contrefiche et personne ne nous montre du doigt en rigolant !

Il m'aura fallu presque 40 ans pour accepter que NON je n'étais pas grosse. Que NON je ne suis pas grosse, que je ne suis pas mieux ni pire qu'une autre. Il m'aura fallu presque 40 ans pour poser un regard bienveillant sur mon corps. Pour enfin oser me dire que ce qu'on m'a rabâché durant des années n'était pas la vérité. Que j'avais caché mes souffrances derrière un rejet de mon corps.

Mais aujourd'hui je suis plutôt fière de pouvoir affirmer que : Non, je ne colle pas aux standards fantasmés des magazines.


Je ne suis pas le monstre que je me figurais être pendant des années. J'ai des défauts, je ne suis pas comme je voudrais être avec moins/plus de poitrine, moins/plus de hanches, moins/plus de ventre, moins/plus de fesses. Non, je ne rentre pas dans le moule dessiné par la société.

Je suis moi : une parfaite imparfaite comme toutes les femmes ! 


Seul le regard que l'on pose sur soi change notre vision de la vie. Je ne dis pas que je m'aime aujourd'hui. Il reste toujours quelques complexes. Je suis juste plus à l'aise avec mon corps, avec mon image et avec celle que je renvoie. Je ne focalise plus sur mon poids. Oui je me pèse toujours. Mais plus tous les jours. Je monte sur ce terrible engin quand je pense avoir perdu/grossi. Mais ce n'est plus mon poids qui me dicte ma façon de m'alimenter ! Si j'ai envie de ce dessert, je le mange, Je ne me goinfre plus et je ne me réfugie plus dans la bouffe à la moindre contrariété. J'ai appris à gérer ma vie autrement que par des douceurs qui au final apporte encore un peu plus de souffrance.

Et au fond, je pense sincèrement que nous sommes toutes belles.

7 commentaires:

  1. J'aime beaucoup ton témoignage. C'est un bel exemple !

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  2. Ton histoire est vraiment émouvante!
    Je pense sincérement que si tu te vois belle alors les gens auront cette image de toi, et que ce qu'il y a au fond de toi, qui tu es vraiment est beaucoup plus beau qu'une paire de seins.
    xx

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    1. effectivement mais le poids le société incite dans mon cas à penser autrement ! On peut etre trs beau esthétiquement et etre la pire des pourritures ;)

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  3. J'ai beaucoup aimé ton article. C'est drôle car j'ai parlé d'un sujet proche récemment sur mon blog (je ne dis pas ça pour me faire de la pub, loin de là, mais je trouve ça rigolo). J'admire ton cheminement et le fait qu'aujourd'hui tu arrives à t'accepter telle que tu es. Tu es très inspirante, j'espère parvenir à m'accepter, moi aussi :)

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    1. Merci beaucoup pour ce message très gentil !

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  4. Bonjour Gwen,
    Ton témoignage reflète bien le conditionnement qui nous laisse penser qu'il faut avoir LE corps qui nous permettra d'être heureux. Quel corps ? Je ne sais pas ... celui peut-être que nous envoie en pleine face les médias, les magazines et la publicité.
    Il est important que les femmes et encore plus les petites filles apprennent que leur valeur réside dans le fait qu'elles s'accomplissent sur le plan personnel et non pas sur leur enveloppe.
    Merci encore pour ton témoignage.

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Merci de votre passage sur le blog
A très bientôt j'espère ;)