Rechercher dans le blog

mercredi 1 octobre 2014

Octobre Rose ...dans ma famille...


Je ne vais pas vous montrer mes seins, rassurez vous. Pas à vous.

Octobre pointe son nez et avec lui l'opération "Octobre Rose" qui prône le dépistage du cancer du sein.

Dans ma famille, les filles sont faites par paquet de 3 et on connait bien le cancer du sein.

Ma mère a eu un cancer du sein.
Ma tante a eu deux cancers du sein.
Mon autre tante est morte d'un cancer généralisé suite à un cancer du sein.

Avec mes soeurs nous sommes 3.
Mes cousines sont aussi 3. 2 fois.
Au total, nous sommes 9. 9 femmes qui potentiellement pourront avoir un cancer du sein.

Poum je plombe l'ambiance. 

Le sujet est grave et il aurait été difficile pour moi de le prendre à la légère ou de l'aborder juste de façon informative.

Le cancer du sein je l'ai vécu.même si je ne l'ai pas (encore) eu.

Dans mes souvenirs, je crois que c'est ma tante qui a eu son premier cancer du sein la première. Les rayons, le stress, tout ça, avec mes soeurs on a vécu ça d'assez loin car nos parents avaient choisi de nous préserver. On en parlait peu à la maison. Juste des "ça va mieux, le traitement est efficace, le moral ça va"
Je devais être au collège. C'était dans les années 90 et la communication sur le sujet n'était pas la même qu'aujourd'hui. Ce que je sais c'est qu'elle a été opérée puis a été quelle a eu des rayons.
Le sein mutilé, elle a vaincu le cancer. 
Une vingtaine d'années plus tard, rebelote. A nouveau une tumeur. A nouveau une ablation. A nouveau un traitement. A nouveau une rémission. 
A présent cette petite angoisse de l'avenir et d'un retour du cancer.

Quand j'étais au lycée, ma mère a eu un cancer du sein. Au départ elle a été hospitalisée pour une boule au sein, bénigne. Un classique. 
Je me souviens encore de la chambre d'hôpital. Ma mère dans son lit et mon père les larmes aux yeux qui nous a dit "les analyses disent que ce n'est pas bénin".
CE N'EST PAS BENIN.
J'aurais voulu ne jamais entendre ses mots. J'aurais voulu ne pas pleurer. J'aurais voulu que ce ne soit pas vrai. 
J'ai eu peur. Peur pour ma mère. Peur pour mon père, mes soeurs et moi. Les semaines qui ont suivies ont été tendues. Je n'avais jamais vu mon père pleurer auparavant et là il se retrouvait avec ses 3 ados qui ne savaient pas comment réagir.
On avait PEUR. 
Maman est revenue à la maison. Un bout de sein en moins. Des rayons souvent pendant plusieurs semaines/mois. Les analyses et les examens réguliers. L'attente des résultats. Et encore des analyses, des examens, dés résultats...
Elle était forte et elle ne montrait pas quelle aussi elle avait peur. Elle s'est battue. Et puis, elle a vaincu son cancer. SON cancer (c'est marrant comme on attribue cette maladie à la personne qui l'a)
Ouf, Soulagement.
Et puis ça a été au tour de la troisième soeur.
Bam.
Tumeur maligne. Ablation du sein. Chimio. Rémission. Rechute. Chimio. 6 mois. Fin. 
Tout s'est enchaîné tellement vite. 
L'histoire est moche, la fin encore plus. 
Ma tante est décédée en 2004. En juin, il faisait beau.
Dans mon coeur il pleuvait pourtant tellement. J'ai passé des après midi entières le cul sur la plage à contempler l'océan et en laissant les larmes rouler sur mes joues. La tristesse, l'incompréhension et la colère mêlées.

Dans leur douleur mais afin de nous protéger (une sorte d'avance sur l'avenir) et suite au décès de leur soeur, ma mère et ma tante ont alors pris la décision d'aller consulter un spécialiste et de faire les tests pour savoir si l'origine de ces cancers était génétique et si nous avions un risque (du coup plus important) de développer à notre tour un cancer du sein. 

9 filles/femmes étaient directement concernées.

Analyses. Attente. Angoisse.

Négatif !

Nous n'avons pas ce foutu gène dans la famille. Juste cette propension à développer des cancers du sein. 

Régulièrement nous avons droit à notre petit discours sur "j’espère que tu te fais suivre, que tu fais des mammographies".

Pour mes 35 ans j'ai eu une mammographie, rien à signaler. La prochaine sera sûrement pour cette année. J'aurais le droit à ce petit moment d'anxiété liée à l'incertitude jusqu'aux résultats.

Pour ce qui est de mes soeurs et mes cousines, j'espère qu'elles aussi font ce qu'il faut et qu'elles ne seront pas prises au dépourvu si jamais le cancer décide de s'installer dans leur vie.

Oui on en guérit. mais les femmes de ma famille portent sur elles la trace de son passage. Chaque jour, elles voient qu'elles ont eu un cancer du sein. Elles voient qu'elles ont été les plus fortes. Qu'elles ont combattu de toutes leurs forces et qu'elles ont gagné la bataille... mais pas la guerre.

Maman, Tata, Les cousines, Mes soeurs, je ne le dit jamais, je ne sais même pas si vous lisez parfois mon blog : Je vous aime.




6 commentaires:

  1. Ton article m'a beaucoup touchée, du premier au dernier mot. Je n'ajouterai rien de plus, j'ai peur de partir dans les mots déjà entendus, d'être maladroite...dans mes propos. Merci!

    RépondreSupprimer
  2. Ton article est touchant, chez moi ce n'est pas le cancer du sein mais des ovaires qui nous guette.
    Mais on prend la vie avec plus de légèreté qu'avant.

    RépondreSupprimer
  3. Ma mère et ses deux sœurs sont également passées par le cancer du sein, ainsi que par le cancer du col de l'utérus... elles ont toutes les trois survécu aux deux cancers, mais c'était vraiment difficile. J'étais très jeune, ma mère m'élevait seule donc aucun moyen de me préserver. Je l'ai vue s'affaiblir, je n'avais pas trop de mal à comprendre car moi aussi je suis victime d'une maladie qui ne se voit pas, mais j'avais du mal à admettre qu'elle pouvait mourir et que je pouvais me retrouver seule. Ma mère s'est battue, seule, sans aucun soutien (elle a été la première à développer les cancers et la solidarité n'est pas une vertu familiale) si ce n'est une fille qui la regardait avec inquiétude. Elle était forte et a vaincu ses deux cancers. Mes deux tantes étaient déjà plus entourées...
    On sous-estime toujours la dangerosité des maladies qui ne se voient pas, et pourtant... bon courage à ta maman et à sa sœur. Je ne savais pas que ça pouvait être génétique par contre, tu m'apprends quelque chose... et dire que je voyais le gynéco hier, j'aurais pu lui demander un dépistage, et là, je ne le revois pas avant 4 mois -_-

    RépondreSupprimer
  4. Très bel article !
    Ca nous concerne tellement toutes !

    RépondreSupprimer
  5. Vraiment touchant ton article... ça fait relativiser par rapport aux petits soucis du quotidien qui n'en sont finalement pas vraiment, et surtout, ça fait penser qu'il faut absolument se faire dépister! Merci pour ce rappel!

    RépondreSupprimer
  6. C'est un article très touchant... Il y a un évènement organisé par l'ASC d'Aix en Provence jeudi prochain, marathion, on nage le plus possible pour collecter des fonds, s'il y a des intéressées ...

    Bisettes ♥ - lesfleurswordcrush

    RépondreSupprimer

N'hésitez pas à me laisser un commentaire !
Merci de votre passage sur le blog
A très bientôt j'espère ;)