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lundi 30 septembre 2013

Les clichés ont la peau dure !

La semaine passée j'ai eu un entretien. Vous emballez pas, je ne serais pas retenue. Cela c'est mal passé.

Vous savez parfois, il y a des gens que nous n'aimez pas. Vous ne pouvez pas vous l'expliquer. C'est comme ça, vous ne les sentez pas et sans jamais leur avoir parlé vous les détestez. Je pense que pour les recruteurs, j'ai été cette personne. Celle qu'on déteste sans même lui avoir parlé.




En sortant de ce désastreux entretien où l'agressivité était palpable, j'ai eu une pensée pour mon ancien voisin V qui avait un look de teufeur et un chien à mi chemin entre le beauceron et le poney. Je vous laisse imaginer la bête. Les 2 étaient des amours. V avait le coeur sur la main et son chien lui obéissait au doigt et à l'oeil. Il était avide de mamours et parfois ne controlait pas trop sa force. Bref un gros nounours à qui on fait des calins (le chien, hein !). Parfois, j'allais passer la soirée chez V qui me racontait sa vie, ses peines de coeurs et ses espoirs. Parfois, il me disait combien ça l'attristait de voir que les gens en ville changeaient de trottoir à son approche. Tout ça à cause de son look et de son chien muselé (la loi...). Tout ça parce que les gens pensaient que c'était un marginal. C'est sûr que voir arriver le mastodonte et son propriétaire a pu faire fuir plus d'un. Mais voilà, il était juste victime d'idées reçues et de cliché. V est parfaitement intégré à la société, travail comme un fou, a une petite maison et un jardin et s'amuse en teufs. Chacun sa façon de vivre. C'est pas pour autant qu'il va vous demander une pièce, être ivre sur la voie publique ou vous agresser verbalement (ou pire). Bref, j'ai pensé à lui parce que moi aussi j'ai été victime de préjugés à la con la semaine dernière.



Je vous explique, j'avais donc ce fameux entretien dans lequel j'avais mis beaucoup d'espoir. Un poste pour un métier dans l'environnement. Parfait sur le papier. Pour l'occasion, j'avais choisi ma tenue avec soin : sandales à talon, pantalon noir, blouse gris perle/rose pale, veste bordeaux et maquillage/coiffage. Normal + en fait ! Par la suite, j'ai compris que mon apparence ne collait pas avec le poste que je briguais.

Je me suis retrouvée devant ces 2 femmes d'environ 40/45 ans : l'une en tailleur assez strict et un peu défraichi et l'autre en espèce de jogging/sarouel et débardeur de sport, cheveux remontés à la va-vite en queue de cheval. Autant l'une avait l'image que l'on peut se faire d'un recruteur autant l'autre ressemblait à quelqu'un qui sort de son lit ou de la salle de gym. Bref, j'ai été surprise mais ce n'est pas sur sa tenue que je me devais de la juger. J'avais préparé mon entretien en imaginant les questions que je pouvais avoir et donc j'avais préparé des réponses pour ne pas être prise au dépourvu. Les entrevues me stressent toujours et parfois j'en perds un peu mon latin !

L'accueil a été froid et j'ai été bien dévisagée et lourdement scrutée de la tête au pied. Ça commençait bien, le genre de truc qui me met mal à l'aise.

Donc première question, première mauvaise réponse. Deuxième question un peu agressive, deuxième réponse où je me suis un peu braquée. L'entretien continue jusqu'à une des dernières questions où avant de me la poser,  la recruteuse en jogging m'a bien toisée de haut en bas du regard : "Vous dites que vous avez travaillé dans l'environnement pendant 10 ans, mais VOUS vous faites quoi dans votre vie de tous les jours pour l'environnement ? hein ?" Déstabilisée car à mon sens cette question n'avait rien à faire là, j'ai répondu comme j'ai pu en disant qu'à mon niveau et avec les moyens dont je disposais j'essayais d'avoir la démarche la plus éco-responsable possible, le tout assorti de 2 ou 3 exemples.

Alors quoi? Sous prétexte que j'étais habillée "à la mode" avec une coiffure "à la mode" et maquillée, j'aurais pas du avoir ce parcours dans l'environnement ? Quand on bosse dans l'environnement faut pas faire attention à soi ? Il aurait fallu que je vienne en sarouel indien coloré assorti de son sac en cuir provenant du fin fond de la cordillère des Andes pour être crédible à ses yeux? Ou bien, il aurait fallu que je lui démontre que mon empreinte carbone était moins importante que la sienne (ce dont je suis quasi sûre)? 



Alors non, sachez que je n'irais pas m'acheter un sarouel ni du patchouli pour correspondre aux clichés dépassés liés aux métiers de l'Environnement. Je pensais d'ailleurs que cet état d'esprit ringard n'existait plus.

Cette attitude agressive gratuite pour une histoire de look m'a parue puérile et totalement hors de propos.

Je regrette juste de ne pas avoir pu correctement m'exprimer du fait de cette ambiance pesante qui a été créée dès le départ.

Tout à l'heure je parlais de V et de son chien qui voyait les gens changer de trottoir, et bien c'est exactement avec ce sentiment que j'ai quitté mon rendez-vous.

Pour tout vous dire, si malgré tout je suis retenue je ne suis pas sûre d'accepter. Parce qu'au fond un entretien va dans les deux sens, JE dois convaincre mais le recruteur doit aussi ME donner envie de le rejoindre. Ce qui je crois n'a vraiment pas été le cas.

La suite au prochain épisode ...


7 commentaires:

  1. Je conclurai comme toi, si cela c'est si mal passé il vaut peut-être mieux pour toi ne pas travailler avec eux.
    Mais cela a dû être un moment très désagréable...

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    1. Non pas très agréable effectivement. Maintenant que je l'ai digéré, je pense qu'au final ce n'était définitivement pas moi qu'ils cherchaient ! la recherche continue de mon coté, en espérant que ça paye tres bientot !

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  2. Malheureusement c'est souvent comme ça, on juge à la tête du client et c'est dégueulasse ! Tu as tout à fait raison quand tu dis que le recruteur doit également te donner envie de le rejoindre, et là franchement ça ne donne pas du tout envie... Bon courage.

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  3. Un entretien d'embauche est complètement irrationnel en général, même si les recruteurs expliqueront qu'ils ont moult techniques pour le rationaliser, et c'est souvent un "coup de coeur" qui donne envie de bosse simultanément ensemble qui fait qu'on est pris, au delà de l'expérience et des diplômes (qui ne sont pas à négliger pour autant ;o) )
    Lepb c'est qu'on cherche du boulot, pas que pour le plaisir de travailler, mais aussi pour l'argent !!!!!! Donc pas mal de frustrations dans ce système vu le rapport emplois/travailleurs !
    Là tu as vécu le côté "négatif" de l'irrationalité, le préjugé.
    bon courage

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    1. Tout à fait d'accord avec le fait que le recrutement se fait au feeling ! et je pense que c'est une bonne technique au fond.

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  4. Tu as raison, surtout reste toi-même, car c'est pour toi-même que tu dois être embauchée. Parole de femme ingénieur en mécanique, qui ne se présente pas à un entretien en bleu de travail, mais bien en talons ;)

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A très bientôt j'espère ;)